En avril 1988 sort la toute première autobiographie de Michael. "Moonwalk", et devient très vite un best seller à travers le monde. Michael y parle de son enfance, de sa musique, de sa vie en général.
En voici quelques extraits:
* "Au fond, quand je pense à mon enfance, je ne me souviens que du travail, même si j'adorais chanter. Je l'ai fait parce que j'étais poussé, non pas par mes parents ou ma famille, mais par une force intérieure qui m'entraînait dans le monde musical. Il faut bien que je dise pourtant qu'il y a eu des moments où, quand je revenais de l'école, j'avais tout juste le temps de poser mon cartable et de me préparer pour aller au studio. Là, je chantais jusqu'à une heure avancé de la nuit, et je rentrais me coucher."
* "Ma mère était extraordinaire. Si elle s'apercevait que l'un de nous s'intéressait à quelque chose, elle encourageait cet intérêt de toutes les manières possibles. Et elle traitait chacun de ses neuf enfants comme s'il était unique. On peut tous témoigner de son courage et de sa capacité de travail incroyable.
Mon père a toujours été un mystère pour moi et il le sait. Je regrette vraiment de ne pouvoir me rapprocher de lui. Au cours des années, il s'est fabriqué une espèce de coquille, et en dehors des sujets de conversation liés au travail de notre entreprise familiale, il a du mal à nous parler d'autre chose. Même aujourd'hui, c'est difficile d'effleurer le sujet des rapports père-fils. Mon père est trop renfermé et moi-même, je suis gêné d'aborder ce genre de conversation."
* "Un jour, en primaire, j'ai participé à un petit spectacle, organisé à l'école. Il fallait que chacun participe à sa manière. En rentrant chez moi, j'en ai parlé avec mes parents. On a décidé que je porterais des pantalons noirs et une chemise blanche et que je chanterais " Climb Ev'ry Mountain " un extrait de " The Sound of Music ". Quand j'eus fini de chanter, la réaction du public me submergea. Tout le monde souriait et la salle croulait sous les applaudissements. Certains étaient debout. Mes institutrices pleuraient. Je n'en revenais pas. Je les avais rendus heureux. C'était extraordinaire. En même temps, je me sentais embarrassé, parce que personnellement, je ne me trouvais rien de spécial. Je chantais seulement comme j'avais l'habitude de le faire chez moi tous les soirs. Quand on est sur scène on n'a aucune idée de l'image qu'on projette de l'autre côté. On se contente d'ouvrir la bouche et de chanter.
À partir de ce jour, papa a commencé à prospecter pour nous trouver des concours d'amateurs. C'était un manager de premier ordre. Il dépensait beaucoup d'argent et de temps pour travailler avec nous."
* Audition Motown: "Quand nous sommes entrés dans le studio, un des types de Motown était en train de régler une caméra vidéo. Papa disparut dans une des cabines téléphoniques pour parler à quelqu'un. Moi j'essayais de faire comme si on était au théâtre Fox, comme s'il s'agissait d'une représentation comme les autres. En regardant autour de moi, je décidai que si un jour j'avais mon propre studio, j'aurais un micro semblable à celui de l'Apollo, un qui disparaît dans le sol. Un jour j'avais failli me casser la figure en descendant les marches du sous-sol pour essayer de voir où il disparaissait.
Puis nous avons fait notre " travail ". La dernière chanson que nous avons chantée s'appelait " Who's Lovin' You ". A la fin, personne n'a applaudi. Pas un mot, rien ! Moi je ne supportais pas de ne pas savoir ce qu'ils en pensaient alors j'ai dit :
" C'était comment ? "
Mais Jermaine m'a fait signe de me taire. Les musiciens qui nous avaient accompagnés se marraient derrière nous. L'un d'eux m'a fait un petit clin d'½il et s'est mis à rire. Je ne savais pas où me mettre et je suis sûr que mes frères éprouvaient la même chose.
Le type qui nous a raccompagnés a seulement dit : " Merci d'être venus. " Le visage de papa était impénétrable. Il ne montrait aucun signe de plaisir ou de mécontentement. Il faisait encore jour quand on est partis. On est revenus à Gary par la 1 94, complètement éteints, surtout à l'idée d'avoir les devoirs de classe à faire en arrivant pour le lendemain matin. Tout ça pour ça ?"
* "C'était la jubilation totale quand nous avons appris que nous avions réussi notre audition à Motown. Je me souviens que Berry Gordy nous a tous fait asseoir et il nous a dit qu'on allait écrire une page d'histoire tous ensemble.
" Je vais faire de vous les plus grandes stars du monde, et on parlera de vous dans les livres d'histoire. "
C'est exactement ce qu'il nous a dit. Et nous, en entendant ça, on a sauté de joie en criant : " Ouais ! Okay ! "."
* "Je me demande encore comment je pourrais redonner à Diana Ross tout ce qu'elle a fait pour nous pendant cette période, car dès que nous l'avons rencontrée, en attendant que mes parents trouvent une maison en Californie, nous avons vécu avec elle, et chez elle, pendant plus d'un an. Nous avions trouvé un système très pratique : certains d'entre nous habitaient chez Berry Gordy et les autres chez Diana ; puis on changeait. Elle a été merveilleuse et elle s'est vraiment bien occupée de nous. C'était super pour nous, car Diana et Berry habitaient dans la même rue à Beverly Hills. On pouvait aller à pied de la maison de l'un à celle de l'autre. La plupart du temps, je passais la journée chez Diana, et la nuit chez Berry. Ce fut une période importante de ma vie, car Diana aimait beaucoup les arts, la peinture notamment, et elle m'a appris à l'apprécier. Elle m'a vraiment initié dans ce domaine."
* "Cette période a été très spéciale pour notre groupe. Nous étions très liés mes frères et moi, et nous vivions tout le temps ensemble, dans l'affection et la loyauté. Nous faisions les fous et nous faisions des farces aux gens de notre entourage. Nous n'avons jamais dépassé les bornes en jetant des télés par les fenêtres par exemple, mais il y avait pas mal d'eau et de plumes qui volaient autour de nous. Il faut dire qu'on meurt d'ennui à passer autant d'heures sur la route et quand on se retrouvait coincés dans nos chambres d'hôtels, il fallait absolument trouver quelque chose d'idiot à faire pour passer le temps. On ne pouvait pas mettre le nez dehors, à cause des hordes de filles qui attendaient. J'aimerais que nos plus grosses bêtises aient été filmées car on s'est vraiment bien amusés. On attendait que notre garde du corps, Bill Bray, soit endormi. C'était la folie dans les couloirs de l'hôtel, entre les batailles de polochons, les matches de catch, les bagarres à crème à raser. On était dingues. On lâchait des ballons et des sacs en papier pleins d'eau par les balcons de l'hôtel, et on les regardait atterrir.
Parfois, on était morts de rire. On passait des heures au téléphone à commander des menus extravagants et à les faire porter dans la chambre des autres voyageurs. Gare au malheureux visiteurs qui s'aventurait dans notre chambre ! Il avait quatre-vingt-dix chances sur cent de recevoir un seau d'eau sur la tête.
Quand on arrivait dans une nouvelle ville, on essayait de voir tout ce qui en valait la peine. Nous voyagions avec une femme merveilleuse qui nous servait de professeur. Elle nous a beaucoup appris, et c'est elle qui m'a donné le goût de la lecture et de la littérature, qui me nourrit aujourd'hui. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main."
* "Nos problèmes avec Motown ont commencé en 1974 lorsqu'on leur a dit qu'on voulait écrire et réaliser nos propres chansons. Au fond, nous n'aimions pas la façon dont notre musique sonnait à cette époque-là. Nous étions extrêmement compétitif et nous sentions le danger, car d'autres groupes qui créaient des sons plus neufs, risquaient de nous dépasser.
Les gens de Motown nous ont déclaré : " Pas question que vous écriviez vos chansons ; vous avez des professionnels pour ça. " Non seulement ils refusèrent, mais c'était devenu un sujet tabou. J'étais découragé et je n'aimais plus du tout le matériel que l'on nous proposait. Finalement, j'en ai eu tellement marre que j'ai décidé de les laisser tomber.
Quand je sens que quelque chose ne va pas, je le dis. Je sais que la plupart des gens ignorent à quel point je peux être obstiné et dur. C'est parce qu'ils ne me connaissent pas. Nous étions tous malheureux, mes frères et moi, mais personne ne disait rien. Ni mes frères, ni mon père. Alors, j'ai demandé un rendez-vous avec Berry Gordy pour lui parler. C'est moi qui lui ai dit que nous tous, les Jackson 5, allions quitter Motown. Je suis allé le trouver et face à face, je lui ai dit la vérité et ça été une des choses les plus pénibles que j'ai jamais faites. Si j'avais été seul à souffrir de la situation, je me serais tû, mais nous étions TOUS malheureux et insatisfaits et je lui ai dit. Je lui ai dit que j'étais malheureux...
Ma décision de changement était prise, et nous avons suivi nos instincts. C'était déjà gagné quand on a pris un nouveau départ avec un label, Epic.
Nous étions soulagés d'avoir enfin coupé les liens qui nous retenaient prisonniers, mais ce fut un drame quand Jermaine décida de rester chez Motown. Il était le gendre de Berry, et sa situation était beaucoup plus compliquée que la nôtre. Il pensait que c'était plus important pour lui de rester et Jermaine a toujours fait ce que sa conscience lui dictait, et il a quitté le groupe."
* A propos de sa rencontre avec Quincy Jones: "C'est sur le tournage du " Wiz " que notre amitié s'est développée, et elle s'est très vite transformée en rapports père-fils. Après le tournage du " Wiz ", je l'ai appelé et je lui ai dit : " Écoutez, je vais faire un album bientôt. Est-ce que vous pourriez me recommander un arrangeur ? " Ma question n'était pas hypocrite, mais naïve, et complètement honnête. Nous avons parlé musique, puis après m'avoir donné quelques noms et bavardé de tout et de rien, il m'a dit : " Pourquoi on ne le ferait pas ensemble ce disque ? "
Je n'y avais même pas pensé. Il pensait peut-être que j'arrivais avec mes gros sabots pour lui demander de travailler avec moi, mais ce n'était pas le cas. Je n'imaginais même pas qu'il puisse s'intéresser à ma musique. Aussi ai-je bafouillé quelque chose : " Oh oui, c'est une idée super. J'y avais pas pensé ".
Et aussitôt, on a commencé à planifier l'album qui s'est appelé " Off the Wall ".
* "En 1979, j'avais vingt et un ans, c'est là que j'ai commencé à prendre le contrôle total de ma carrière. Le contrat de mon père, qui jusqu'ici était mon manager personnel, arrivait à expiration et , bien que la décision soit difficile à prendre, le contrat ne fut pas renouvelé.
Ce n'est pas facile de virer son père.
Mais je n'aimais pas la façon dont les choses se passaient. Quand on mélange la famille et le business, c'est toujours délicat. Ça peut être merveilleux ou épouvantable : ça dépend des relations, et même quand tout va bien, ce n'est pas évident.
Est-ce que mes rapports avec mon père ont changé après cela ? Je ne sais pas, en ce qui le concerne lui, mais mes sentiments n'ont pas changé à son égard. Il fallait que je fasse ce changement parce que je commençais à sentir que je travaillais pour lui au lieu que ce soit lui qui travaille pour moi. Sur le plan artistique, nous avons des goûts diamétralement opposés. Il me proposait des idées que je refusais parce qu'elles ne me convenaient pas. Tout ce qui comptait pour moi, c'était de contrôler ma propre vie, et j'ai réussi. Il fallait que je le fasse. Tout le monde en arrive là un jour ou l'autre, et ça faisait un bout de temps que j'étais dans le business. J'avais pas mal d'expérience pour un garçon de vingt et un ans : quinze ans de service comme vétéran du show-biz."
* "La réussite entraîne la solitude. Les gens croient qu'on a de la chance, qu'on peut aller n'importe où et faire n'importe quoi, mais ce n'est pas ça. C'est la vrai chose qui manque.
J'ai appris à surmonter cette angoisse, et je suis beaucoup moins déprimé que je l'ai été."
* "Le succès de " Thriller " a transformé la plupart de mes rêves en réalité. Ce disque est effectivement devenu l'album le plus vendu de tous les temps et il est inscrit dans le Livre Guinness des records mondiaux.
Nous avons travaillé très dur pour faire le disque " Thriller ", mais il est vrai que l'on ne reçoit que ce que l'on a donné. Moi je suis un perfectionniste. Je peux en tomber raide mort de fatigue... J'ai travaillé tellement fort sur cet album... C'était bien que Quincy me fasse une confiance totale pendant ces séances. J'imagine qu'il avait eu le temps de se faire une opinion en me voyant travailler sur " Off The Wall ". Il avait écouté mes suggestions et m'avait aidé à réaliser ce que je cherchais sur cet album, mais il m'a montré encore plus de confiance pendant " Thriller ". Il a compris que j'avais l'expérience et l'assurance requises pour faire ce disque et pour cette raison, par moments, il n'était pas en studio avec nous. Je n'ai pas de doutes quand il s'agit de mon travail. Quand j'entreprends un projet, j'y crois à cent pour cent. J'y mets toute mon âme. Je pourrais mourir pour le réaliser. Je suis comme ça."
* " Not My Lover " a failli être le titre de " Billie Jean ", parce que Q n'aimait pas tellement mon titre. Il avait peur que les gens pensent tout de suite au joueur de tennis Billie Jean King.
Beaucoup de gens m'ont posé des tas de questions sur cette chanson, et la réponse est très simple. C'est l'histoire d'une fille qui prétend que je suis le père de son enfant et je plaide mon innocence parce que " cet enfant n'est pas mon fils ".
Un musicien sait quand une chanson va faire un hit. Ça doit "tourner", sonner juste. Tout doit être parfaitement en place, c'est une sensation de plénitude, d'intense satisfaction. On le sait dès qu'on l'écoute. C'est ce que j'ai éprouvé avec " Billie Jean ". Je savais que ça ferait un malheur pendant que j'étais en train de l'écrire. J'étais complètement absorbé par cette chanson. Un jour, pendant une pause d'enregistrement, je roulais sur l'autoroute Ventura avec Nelson Hayes, qui travaillait avec moi à cette époque-là. " Billie Jean " me trottait dans la tête et j'y pensais tout le temps. C'est alors qu'au moment de quitter l'autoroute un môme en mobylette nous fait des grands signes et se rapproche de ma portière pour me dire : " Votre voiture est en train de brûler. " Nous avons alors remarqué la fumée et nous nous sommes arrêtés aussitôt.
L'arrière de la Rolls-Royce était en flammes. Ce gamin nous a probablement sauvé la vie. Si la voiture avait explosé, nous aurions été tués. Mais j'étais tellement absorbé par cette chanson qui tournait dans ma tête que je n'y ai repensé que beaucoup plus tard. Même pendant que nous cherchions du secours pour essayer de rentrer, je composais ma chanson, mentalement. C'est dire à quel point j'étais absorbé par " Billie Jean ".
* "Plus je visais haut, plus la compagnie de disque mettait de réticence à donner un budget adéquat.
Alors, j'ai fini par financer moi-même " Beat It " et " Thriller " parce que je n'avais pas envie de me bagarrer avec les gens pour l'argent. Par conséquent, je suis devenu propriétaire de ces films à part entière."
* "Pendant les séances de " Thriller ", j'avais trouvé une veste noire et je disais à mes amis : " Vous savez, un jour, je la mettrai sur scène. " Elle était tellement parfaite, tellement " show-business " que je décidai de la porter pour le show " Motown 25 ".
Mais la veille de l'enregistrement, je n'avais encore aucune idée de ce que j'allais faire tout seul. Aussi, je suis allé dans la cuisine et j'ai mis " Billie Jean " à fond. J'étais tout seul, la veille du show, et j'ai décidé d'attendre que la chanson me dise ce que je devais faire. J'ai laissé la danse se créer toute seule ; je l'ai véritablement laissée ME PARLER. J'ai écouté le beat monter. J'ai attrapé le chapeau d'espion et j'ai commencé à marcher et à prendre la pause, en laissant le rythme de " Billie Jean " créer le mouvement. Je me sentais poussé à laisser les choses se faire toutes seules. C'était plus fort que moi. J'ai eu beaucoup de plaisir à rester détaché, et à laisser la danse venir, comme inspirée par la musique.
J'avais déjà mis au point certains mouvements, mais l'essentiel était spontané. Je pratiquais le " moonwalk " depuis un certain temps, et je décidai de le danser en public pour le " Motown 25 ".
À ce moment-là, le " moonwalk " était déjà dans la rue, mais je lui ai donné du prestige en le dansant ce soir-là. C'était un pas de " break-danse " très sautillant, que les enfants noirs avaient inventé sur les trottoirs des ghettos. Ils créent beaucoup de danses de cette manière, pure et simple. Alors, je me suis dit : " Je vais l'essayer." Et ça a marché. Trois gamins me l'ont appris. Ils m'ont appris la base, et je me suis entraîné tout seul. J'y ai ajouté d'autres figures. En tout cas, j'étais sûr que dans le pont musical de " BillieJean " j'allais marcher à la fois en avant et à reculons, comme si je marchais sur la lune."
* "Le succès de " Thriller " m'est vraiment tombé dessus en 1984, quand l'album a reçu un nombre impressionnant de récompenses de la part de l'American Music Awards et des Grammy Awards. Je me souviens que j'étais dans un état de jubilation délirante. Je sautais de joie et je dansais comme un fou dans la maison. Quand l'album a reçu le titre de plus grande vente de l'histoire du disque de tous les temps, je n'arrivais pas à le croire. Quincy Jones criait : " Champagne pour tout le monde ! " Travailler aussi dur, donner autant de soi et réussir enfin ! Tous ceux qui avaient travaillé sur l'album étaient au septième ciel. C'était merveilleux."
* "En janvier, j'ai été brûlé sur le tournage d'un film publicitaire pour Pepsi, que je tournais avec mes frères. Tout s'est passé de façon absurde, purement et simplement. Nous tournions de nuit et j'étais censé descendre d'un escalier au milieu d'éclairs de bombes au magnésium qui explosaient autour de moi. Ça paraissait simple. Nous avons fait plusieurs prises qui se sont passées impeccablement. Les effets lumineux étaient magnifiques. C'est seulement plus tard que je me suis aperçu que ces bombes éclataient à cinquante centimètres de ma tête, ce qui était contraire à toutes les normes de sécurité.
Bob Giraldi, le réalisateur, est venu vers moi :
" Michael, tu descends trop tôt. On veut te voir en haut des escaliers. Quand les lumières s'allument, on veut te voir apparaître là, alors ATTENDS. "
J'ai attendu. Les bombes ont explosé, et les étincelles ont pris feu dans mes cheveux. Je dansais le long de la rampe d'escalier, sans m'en rendre compte.
Soudain, j'ai passé instinctivement la main dans mes cheveux, et j'ai senti les flammes. Je suis tombé et j'ai essayé d'éteindre le feu. Jermaine s'est retourné, m'a vu par terre, juste après les explosions, et il a cru que quelqu'un m'avait tiré dessus ; parce que nous tournions au milieu d'un public.
Miko Brando, qui travaille pour moi, a été le premier à me sauter dessus. Après ça chaos total. C'était fou. Aucun film ne pourrait saisir ce qui s'est passé cette nuit-là. La foule hurlait. Quelqu'un a crié : " Allez chercher de la glace ! " D'autres disaient : " Oh non ! " Le camion du SAMU est arrivé et, avant qu'ils me transportent à l'intérieur, j'ai vu les visages terrifiés des directeurs de chez Pepsi, réunis dans un coin. Ils avaient l'air tellement horrifiés de ce qui m'arrivait qu'ils ne sont même pas venus près de moi quand les médecins m'ont mis sur le brancard.
Malgré la souffrance horrible, pendant tout ce temps-là, je me sentais détaché, comme spectateur. Plus tard, on m'a dit que j'étais en état de choc, pourtant je me souviens que le voyage en ambulance jusqu'à l'hôpital m'a amusé à cause du bruit des sirènes. C'était une des choses que j'avais toujours désirées quand j'étais petit : rouler dans une ambulance. Quand on est arrivés, on m'a dit que les équipes de presse étaient déjà en place, à m'attendre. J'ai alors demandé qu'on me mette mon gant. D'ailleurs il existe une photo célèbre de moi sur le brancard, en train de faire des signes avec mon gant.
Plus tard, les médecins m'ont avoué que c'était un miracle que je soit encore en vie. Un des pompiers a déclaré que dans la plupart des cas les vêtements prennent feu et qu'on peut mourir ou être défiguré. Derrière la tête, j'avais des brûlures au troisième degré, qui avaient presque atteint la boîte crânienne, et j'ai eu des tas de problèmes à cause de cela. Malgré tout j'ai eu de la chance."
* "Nous avons travaillé longtemps sur l'album " Bad ". Des années. Pourtant cela a valu la peine parce que nous étions satisfaits de notre travail, même si ça avait été difficile. Il y avait beaucoup de tension parce que nous sentions que nous étions en compétition avec nous-mêmes et c'est très difficile de se dépasser soi-même, parce que c'est inévitable, les gens vont toujours comparer " Bad " à " Thriller ". Vous avez beau dire : " Oubliez Thriller ", personne ne peut le faire."
* "Je pense que mon image est déformée dans l'esprit du public. Ils n'ont pas une idée claire de la personne que je suis en vérité. Et tout cela à cause des articles fantaisistes qui sont publiés sur moi. Des suppositions, des mensonges, des allégations sont inventés et le tout est décrit comme un ensemble de faits, quand ce n'est pas la moitié seulement d'une histoire qui est racontée. L'autre moitié est souvent la partie qui rétablirait la vérité, ou qui lui donnerait un côté moins sensationnel. Le résultat, c'est que certains n'imaginent même pas que je puisse être quelqu'un qui dirige sa carrière. Là aussi, il s'agit d'une idée à l'opposé de la vérité."
* "Je ne saurais dire si oui ou non j'aime être célèbre, mais j'aime atteindre les buts que je me suis fixés. Je peux dire que ce que j'aime surtout, c'est aller même encore plus loin que les limites que j'ai tracées. En faire encore plus, toujours plus, est un sentiment très exaltant. Mieux que tout. C'est tellement important de fixer des buts. Ainsi, on a une idée de ce que l'on peut faire, où on veut aller, et comment on va y arriver. Si on ne se fixe pas d'objectif, on ne sait jamais si on aurait pu être capable de réussir.
Je plaisante souvent en disant que je n'ai jamais demandé à chanter ou à danser, mais c'est vrai. Quand j'ouvre la bouche, la musique en sort, et je me sens béni d'avoir reçu ce don. J'en remercie Dieu chaque jour. J'essaie de cultiver ce qu'il m'a donné, je sens que quelque chose me pousse à le faire."
* "Chacun de nous a de multiples facettes, et, quand je suis en public, je suis timide et réservé. Dès que je suis à l'abri des regards insistants et des caméras, je suis quelqu'un de complètement différent. Mes amis, mes proches collaborateurs savent qu'il y a un autre Michael. J'ai beaucoup de mal à montrer ce Michael quand je suis dans une situation " publique ".
En revanche, quand je suis sur scène, c'est différent. Je contrôle complètement l'espace. Je ne pense plus à rien. Je sais exactement ce que je veux faire dès que j'entre sur scène et j'adore chaque minute que j'y passe. Je me sens détendu, décontracté, c'est la même chose en studio. Je sais toujours quand c'est bon. Quand ça ne va pas, je sais trouver la solution. Tout doit être en place et quand c'est prêt, je me sens bien, je me sens comblé. Les gens ont eu tendance à mettre en doute ma capacité d'écrire moi-même mes chansons. Ils ne me voyaient pas sous cet aspect. Quand j'ai commencé, ils me regardaient en disant : " Mais qui est-ce qui a VRAIMENT écrit ça ? "